Je vous présente un texte magnifique d’un écrivain (qui laisse loin derrière lui les Sollers, Angot, Jardin, Nothomb, d’Ormesson et autres paillassons littéraires) au style à couper de souffle qui se cache derrière le pseudonyme de Antoine le maudit je l’ai découvert grâce à mon blog , il se prétend infréquentable, j’outrepasse son avertissement et me délecte de ses écrits…Ibara
Oh que de jolis bourgeons , que de folles éclosions sous un soleil naissant.
Verdoyant, luxuriant, tout ce vert si drapé, si vivifiant !
La vie resuscite d’un bond , d’un sursaut, dans un éclat de folie, grandeur nature ! Feuillage ébouriffé, tenue florale sensuelle ! Rose, violette, jaune, rouge, bleue, que de dentelles nuances ! Créativité du Grand Esprit! Magicienne Dame Nature ! Un batifolage pictural ! Ô fragrance délicieuse ! Quel envoûtement sauvage ! Senteur exhalée ! Odeur tellurique ! Vapeur inhalée ! Si profonde, si lente, si délectable que l’énivrement s’ensuit ! Oh ! Oh ! Quel transport ! Quel voyage! Je décolle du monde ! Mes ailes naissent soudainement ! Je virevolte, bondit, sautille, caracole, décolle, envole, vole !
Fantastique vertige ! Je plonge, pique, coule, puis rejaillit dans un torrent féériquement violent ! Là ! Puissance des sens émoustillés ! Plane, plane ! Ciel azur, lumière divine, eblouissante, cristalline !
Puis cécité ! Tout est immaculé ! Je conçois, confesse, mon âme libre, follement excitée, fiévreusement dévolue ! Le doigt divin m’éffleure ! Non! Sensibilité ! Puis honte ! Contrition ! Pardon ! Clémence ! Démence ! J’avoue…enfin !
Le monde renaît ainsi chaque printemps, seul l’homme s’entête dans sa folie trompeuse ! L’homme ?… cruelle invention ! Œuvre diabolique, obsédée, opiniâtré funèbre ! Son monde artificiel aux cycles chaotiques ruisselle de sang à crédit ! Mégalomanie ! Monomanie délirante et ombrageuse ! Son univers froid, glacial, polaire, n’aspire qu’à la mort, la destruction ! La nature à son cycle scrupuleux, l’homme lui aussi arrive en fin de parcours, les voies de son destin semblent imminentes, inéluctablement scellées ! Voyez-le donc ! Lui ! Ce révolté défiant les dieux ! La nature humble, obéit aux saisons, aux lois les plus évidentes ! Tandis que l’homme, lui les brave, trouble, piétine, écrase, détruit, assèche, brûle l’Harmonie!
Oh vent doucereux ! Vent qui caresse ! Souffle délicat ! J’entends ton cœur battre dans les arbres! Les feuilles se bercent sur ta poitrine ! Je respire mélodieusement ton pouls ! Je revis ! Je t’ois ! Oui ! Joie aussi !…puis peine. Ah que suis-je donc ? J’appartiens à la race des maudits ! Maudit ! Maudit ! Les maux dits ne peuvent rester vains mots ! Enfin le temps des révélations s’accomplit ! Nos actes se dénudent ! Lumière ! Puis le vent fâché, gronde sa colère ! Tonnerre ! Éclair ! Zippp et zappp ! La foudre zigzague puis s’écrase sur le sol ! Les morts tremblent sous terre ! Personne, nulles âmes ! Tout semble sans vie ! Le silence impérissable triomphe. Écoutez donc sots de la terre, le Requiem de la vie ! Mineure, majeure tonalité ! Danse! Danse ! fleur sauvage . Valse ! pâquerette des champs. Chante ! oiseau fugueur vagabond ! Livrez moi votre génie ! Ivraies vous aussi ! Votre divine méchanceté fait encore jaser les blés innombrables !
Nature ! Mère nourricière! permettez-moi ainsi de vous rendre hommage en ces temps obscurs.
Amen…