Archive mensuelle de septembre 2010

Le sens de la vie

 

Vidéo N°1: Extrait du film des Monty Python Le sens de la vie

Vidéo N°2: Je suis tombé par hasard dessus

L’une comme l’autre sont un peu le reflet de ce que je ressens actuellement. Humour noir et mélancolie…Ibara

Le temple oublié (texte et peinture d’Ibara)

Le temple oublié 

Une source bleue murmure à l’oreille des aveugles la fin d’un monde.

Les ruines du temple frémissent au brouillard d’une nuit de métal.

Un froid glacial pétrifie les arbres de la forêt malade.

Du fond d’un ravin parviennent les plaintes des hommes effrayés.

Demain le silence étouffera leurs cris.

Un épervier noir annoncera la nouvelle au voyageur perdu qui court après son ombre …Ibara

Illustration: peinture acrylique sur toile intitulée Le temple oublié

Il est temps de se taire (texte et peinture d’Ibara)

Il est temps de se taire

A l’assaut du ciel, un cheval au galop brille de mille feux d’opale, de neige et de lames d’acier.

 Non loin d’un lac bleu, un crapaud le regarde de ses yeux de cristal.

Le troupeau se décime.

Il est temps de se taire.

La terre est en train de mourir…Ibara

llustration: peinture acrylique sur toile intitulée Cheval blanc

Les dernières volontés (texte et peinture d’Ibara)

Les dernières volontés

Dans la nuit bleutée au bord d’un étang blanc, dort un rhinocéros à la corne d’or.

Autour de sa carcasse noire, une ronde macabres d’enfants blêmes.

Un vent froid vient mourir sur l’eau glacée.

Au loin une cabane est en feu.  

Les hommes ont brûlé leurs dernières volontés…Ibara

Illustration: peinture acrylique sur toile intitulée Rhinocéros

La chambre des morts (texte et peinture d’Ibara)

La chambre des morts

Depuis le matin, ils sont réunis autour du cadavre.

Il a été tué hier.

Ils le veillent.

Ils prient.

Non loin de là une fontaine est en ruine.

  Une flamme brûle le silence.

Au crépuscule, le père ordonne à ses fils de transporter leur frère dans la chambre des morts, là-bas, dans la maison noire située sur la colline des lions.

La mère et ses filles se mettent à genoux aux pieds du père pour le supplier de ne rien en faire.

Mais déjà les fils ont préparé la carriole et le père a reçu l’argent.

 Cela fait des semaines que la famine sévit.

Les arbres sombres s’inclinent au passage du cortège et lentement monte la lune pâle.

 Demain, le village aura de la viande à manger…Ibara

Illustration: peinture acrylique sur toile intitulée Dans l’ombre

Rencontre nocturne (texte et peinture d’Ibara)

Rencontre nocturne

Déjà ce monde est mort et se couvre du linceul de l’oubli.

Des ombres frissonnent au vent funèbre.

Une tache rouge sur le front froid du défunt.

La lune crache sa lumière blanche sur le ventre d’une femme.

Elle accouche d’un enfant bariolé…Ibara

Illustration: peinture acrylique sur toile intitulée Rhinocéros dans la nuit

Ténèbres (texte et peinture d’Ibara)

Ténèbres

Des visages revenus des ténèbres, blêmes dans la nuit défunte, semblent gémir.

Doucement vient la lune qui caresse leur ennui.

Dans l’étendue sombre d’une ombre, un Ange écarte ses ailes à la terre qui pourrit.

Les visages se ferment et retournent aux ténèbres…Ibara

Ci-gît (texte et peinture d’Ibara)

Ci-gît

Le porteur d’Eternité. Les yeux fermés sur l’immensité d’une nuit sans étoile…Ibara

Illustration: peinture réalisée sur un couvercle en fer et intitulée Ci-gît

Un amour fou (texte et peinture d’Ibara)

Un amour fou

 C’est une histoire vraie. Elle s’est déroulée dans les années soixante. Anders et Lydia étaient un couple de suédois qui s’aimaient d’un amour fou. Après s’être mariés en grande pompe à Stockholm, ils décidèrent, pour leur voyage de noces, de louer un petit bateau de plaisance et de longer, pendant le mois de juillet, la côte atlantique française. Les premiers temps, tout allait pour le mieux. Les deux tourtereaux, profitaient pleinement de leur toute fraîche passion amoureuse, de la mer et du soleil. Or, voilà qu’un jour, un vent malicieux poussa leur embarcation un peu plus au large des côtes, ils furent surpris par une tempête aussi violente qu’inattendue. Le mât se brisa d’un coup net faisant presque chavirer le bateau, occasionnant de gros dégâts et la perte d’une grande partie de leurs provisions et de leur matériel de survie. Peu expérimentés, ils se retrouvèrent, en pleine mer, à dériver au grés des flots sans pouvoir s’orienter ni rejoindre la terre. Malgré la situation préoccupante, ils gardaient l’espoir de rencontrer des pêcheurs qui viendraient leur porter secours. Tant bien que mal, ils se remontaient mutuellement le moral en s’appuyant surtout sur leur indestructible et éternel amour. Malheureusement pour eux, leur calvaire ne faisait que commencer et il allait durer presque deux mois. Un véritable Enfer! Non seulement au bout de deux semaines leur amour explosa, mais le pire était, qu’ils étaient devenus, par le manque de nourriture, deux cannibales fous affamés prêts à tout pour s’entre dévorer. Anders à plusieurs reprises frappa sa femme pour lui arracher une main afin de la lui manger et d’en sucer le sang. Quand à Lydia, elle brisa une des jambes de son mari pendant qu’il dormait en le cognant violemment avec une planche pour le mordre et lui déchirer les chairs. Par miracle, ils furent retrouvés et secourus par l’équipage d’un chalutier. Ils pataugeaient, plus ou moins délirants et effroyablement amaigris, dans leur urine et leurs excréments. Il va s’en dire qu’ils ne restèrent pas ensemble. Cette histoire confirme ce que j’ai toujours pensé. L’individu ne se révèle vraiment que dans des moments exceptionnels de sa vie, au-delà de la morale, de la civilisation et de tout ce qui camoufle l’instinct le plus bestial que nous avons tous en nous. Les sentiments ne pouvant tenir que jusqu’à une certaine limite. Tout le reste n’est que littérature et scénario cinéma…Alors, les histoires d’amour!!! Bof! Hollywood chewing gum! …Ibara

Les âmes oubliées (texte et peinture d’Ibara)

Les âmes oubliées

Dans les nuits de l’indicible quand les portes de l’innommable sont entre-ouvertes, me parviennent, des profondeurs de la terre, les gémissements des âmes oubliées. Elles pleurent de ne plus pouvoir supporter la lumière du jour. Parfois, je les ressens  si proches de moi, qu’il me semble qu’elles sont présentes dans mon atelier. Silencieuses, elles me regardent peindre…Ibara

Illustration: peinture réalisée sur couvercle en fer et intitulée Ultime posture

La vengeance des vieilles filles (texte et peinture d’Ibara)

La vengeance des vieilles filles

Un jour, les vieilles filles se révolteront et prendront le pouvoir. Elles se vengeront ainsi de tout le mal  que les hommes, depuis des siècles, leur ont fait subir. C’est lors de banquets dantesques, servis par des éphèbes musclés, qu’elles abuseront puis égorgeront au petit matin, qu’elles danseront, ivres et hystériques, sur des brasiers sanglants, à la lumière de torches flamboyantes, la danse outrageante et infâmante des vieilles filles guerrières et indignes…Ibara

Illustration: peinture intitulée La vieille danseuse réalisée sur du papier journal

Le roi des morts (texte et peinture d’Ibara)

Le roi des morts

De son sarcophage en or, le roi des morts veut ma peau. Mais ma peau n’est pas à prendre, n’est pas à pendre, n’est pas à vendre. Elle a été trempée dans l’encre indélébile de l’indicible. Cette encre inaltérable, inaliénable, intemporelle, durable à vie éternelle, puisque je suis immortel. Ils pourront, s’ils le veulent, tous se laisser prendre à son jeu malicieux fait d’embrouilles et d’astuces pernicieuses, mais de son sarcophage en or, le roi des morts n’aura pas ma peau parce que je suis vivant!…Ibara  

Illustration: Peinture réalisée sur un couvercle en fer et intitulée Le roi des morts

Amour terrien (peinture-poème d’Ibara)

Amour terrien

Peinture éphémère

Fossile

Futile

 Résidus desséchés

Sur plaque de fer

Foetus ou cadavre?

Nouveau-né ou moribond?

Temps dévastateur

Décrépitude

Solitude

Un instant décalé

Et voilà l’aurore

Et voilà mon corps qui te dévore

 L’ogre contemple le Dieu

Le Dieu des cimetières

Et les amours des cadavres décomposés…Ibara

Misère! Misère! Miséricordieux (texte et peinture d’Ibara)

Misère! Misère! Miséricordieux

Ce matin, je me suis levé encore plus tôt que d’habitude, vers trois heures. J’ai réalisé cette peinture intitulée Cheval cosmique. Je peins souvent le cheval, peut-être parce qu’à mes yeux cet animal symbolise l’énergie. Plus que la couleur, dont je me méfie comme la musique d’ailleurs, je privilégie le dessin et la lumière. Les couleurs et la musique sont à manier avec précaution à trop les utiliser il y a risque d’égarer l’âme humaine dans les sentiers de perditions sentimentales. Après avoir terminé le tableau, je suis parti courir dans la nuit. Le ciel était magnifiquement étoilé, un véritable enchantement. J’ai vu deux étoiles filantes. La lune, comme un disque jaune orangé, ressemblait un peu à un soleil couchant, alors que l’aube pointait déjà son nez à l’horizon. Après une heure de course, comme je le fais chaque matin, je suis allé à ma bibliothèque et en fermant les yeux, j’ai choisi un livre, j’ai ouvert une page au hasard, je suis tombé sur Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche qui dit dans la IIe partie Des miséricordieux: « Hélas! où se commet-il sur terre plus de folies que chez les miséricordieux? Et qu’est-ce qui a fait plus de mal sur terre que la folie des miséricordieux? Malheur aux âmes aimantes qui n’ont pas en elles une cime d’où elles dominent leur pitié! Le Diable un jour m’a dit: « Dieu lui aussi a son Enfer; c’est son amour pour les hommes » Et récemment je lui ai entendu dire cette parole:  » Dieu est mort; il a péri de sa miséricorde envers les hommes »Ibara

Libre (peinture d’Ibara)

Libre

Mon âme est libre, libre comme ce cheval argenté qui galope dans la nuit éclatante et le vent glacé, soulevant des myriades d’étoiles en poussière scintillante…Ibara

Illustration: peinture acrylique sur toile réalisée cette nuit et intitulée La nuit du cheval



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