Archive mensuelle de décembre 2010

Dieu! Où es tu? Nom de Dieu! (texte et peinture d’Ibara)

Dieu! Où es tu? Nom de Dieu!

Camisole de force, dès le départ, bien serrée avec, en plus, les électrochocs qu’on nous balance en déraison dans tout le corps. Et puis, les autres, tous les autres, les fous, les folles, en pagaille, en ripaille, en mitraille et en marmaille, qu’on se coltine, toute la journée et même la nuit, des coriaces, des tenaces, des durs à cuire, des foutraques et des bastringues. Ils grouillent, hurlent, gesticulent, calculent, chantent, bâfrent, boivent, chient, forniquent et engendrent, encore et encore, d’autres dingues, encore plus dingues qui finissent par s’entre tuer partout dans l’asile, dans cet Enfer de mystères et à l’impossible sortie. Putain! Bordel! Où es tu Dieu! Où es tu? nom de Dieu! « Je suis celui qui n’est pas, l’être sans trépas, sans interrogation, sans circonvolution, sans exclamation. Je suis la lumière de l’ennui qui éclaire le royaume du néant où coule la rivière du diamant blanc »Ibara

L’attente (texte et peinture d’Ibara)

L’attente

Le foutre dans la matrice et le corps aux cornes noires rythme déjà son souffle malfaisant.

Incarnation et procréation en damnation éternelle.

 Obscénité, flagellations, pénétration en érotisme et envoûtement.

Nous, les enfants du néant,

enfermés dans un espace clouté,

nous attendons, les dents grinçantes,

l’Esprit aux dés pipés…Ibara

Le festin impérial (texte et peinture d’Ibara)

Le festin impérial

 Montagne froide et rouge qui tombe en sang de cendre et délicats pétales. Les tambours noirs étreignent les coeurs sombres des guerriers aux regards de feu. Les hommes ont quitté leurs légendes. Ils trempent à présent leurs corps dans le marécage des défunts. Proies idéales aux assassins du temple, qui attendent, patients, l’heure du festin impérial…Ibara

Illustration: peinture acrylique sur papier torchon 600gr intitulée La molécule des morts

La lanterne (texte et dessin d’Ibara)

La lanterne

L’hostie consacrée dans la bouche des dégénérés, se transforme en poison doré. Ils la mâchent, la broient, la ruminent et l’avalent en poussant des grognements de porcs. Les démons ont envahi la ville. Dans le crépuscule humide et brumeux, une foule fiévreuse s’agglutine aux pieds d’une immense statue de marbre. La masse hideuse réclame sa pitance, des hommes en armes lui jette, à l’heure dite, des foetus de rats en putréfaction qu’elle s’empresse de dévorer. Les jours sont comptés. Au coeur d’une forêt en partie carbonisée, une lanterne reste allumée, elle éclaire le visage d’un Elfe…Ibara

Illustration: dessin intitulé Le regard de l’oubli 

Evolution de la cinquième République (dessin d’Ibara)

Coït sanctificateur (texte et peinture d’Ibara)

Coït sanctificateur

Sous la transparence de ma peau transie de froid, je vois apparaitre le réseau bleuâtre de mes veines gorgées de sang. Sang d’un rouge vif absolu, que je nourris d’aliments les plus simples, d’air le plus pur et de l’eau la plus saine. Sur le blanc aveuglant de la neige transformée en glace, je laisse tomber quelques gouttes de mon précieux liquide sanctifiant. Il y a une satisfaction miraculeuse de constater la joie qu’il semble éprouver à mélanger sa douce chaleur purificatrice à la blancheur immaculée de la froidure polaire…Ibara

Frayeur et dépouillement (texte et peinture d’Ibara)

Frayeur et dépouillement

Devant les ténèbres, j’ankylose mon âme et mon sang se coagule en virgule de cruauté.

La neige et la pluie se mêlent aux crachats des humains stupides

qui éclaboussent leurs chimères dans des hospices à l’espace vide

et aux couloirs qui sentent la sueur de tant de frayeurs et de malheurs.

La terre se gangrène.

Dépouillez vous donc!

Et fermez vos gueules une bonne fois pour toutes!…Ibara

Les trois métamorphoses (dessin d’Ibara)

Le sourire de la Mort (texte et dessin d’Ibara)

Le sourire de la Mort

 Neige et étoiles éteintes.

La terre est si dure et le gel si noir.

Des corps pétrifiés gisent dans la peur obscure.

Leur futur n’est plus que le souvenir d’une sourire impur…Ibara

Illustration: dessin réalisé uniquement aux crayons de couleurs sur papier torchon et intitulé Le sourire de la Mort

Eve aux cheveux rouges (texte et peinture d’Ibara)

Eve aux cheveux rouges

Cette nuit, un tourment infini. Des foules, aux cerveaux tristes, aux gueules en feu, s’embrasent, s’enivrent et se jettent ivres mortes, aux pieds puants du veau d’or, sous le regard moqueur d’une Eve aux cheveux rouges et aux lèvres d’argent…Ibara

Illustration: peinture acrylique sur papier torchon 600gr intitulée Tourment infini

Naissance d’une âme (texte et peinture d’Ibara)

Naissance d’une âme

C’est un jour d’or.

Le silence est parfait.

Au bord de sa bouche, un souffle rose.

L’ange lui fait signe.

Il ferme les yeux,

penche sa tête.

Doucement il descend

et plonge dans l’océan du Temps…Ibara

Illustration: peinture acrylique et encres sur papier torchon 600gr intitulée Naissance d’une âme

Le veau, la vache et la révolution (dessin d’Ibara)

La Famille (texte et peinture d’Ibara)

La Famille

La Famille est arrivée au pouvoir, au pouvoir suprême, ça y est, ouf! Enfin! Et c’est pas demain la veille qu’elle le lâchera, croyez moi. C’est qu’ils en ont chié des bulles les membres de la Famille pour y accéder au sommet des sommets. Ils en a fallu des humiliations, des réflexions blessantes, des plans douteux et des compromis foireux à supporter, à surmonter pour parvenir au Nirvana terrestre. Combien de fois, ils ont dû la  fermer leurs gueules, avaler leurs chapeaux, leurs cravates et même leurs tatanes. Combien de fois, ils ont dû se soumettre et raser les murs. Il a fallu sacrément flatter, cajoler, minauder et en faire des courbettes et des sourires coincés. Il faut voir les quantités de pommade louangeuse utilisées pour encenser l’autre, des camions entiers. Encenser! Encenser toujours, dans sens du poil, du poil de bite, du poil de cul, si nécessaire, jusqu’à ce que l’autre tombe à point, dans le filet mortel, sonné! KO debout par le bromure verbale et la gestuelle emberlificoteuse. L’autre, le con bonasse, devenant, du coup, acquit à la cause ou contraint de la servir. A présent, les membres de la Famille savourent leur réussite, leur victoire totale, ils en ont plus rien à foutre. Ils se tapent les plus belles gonzesses, vivent dans les plus beaux châteaux du pays et en ramassent tout l’or possible. C’est à leur tour maintenant d’être flattés, adulés, idolâtrés. Tout le milieu culturel et médiatique chante leurs louanges, à s’en exploser les cordes vocales en émotions plaintives, sentiments larmoyants et trémolos violoneusement tzigane. Du plus haut au plus bas du système, dans tous ses rouages, dans tous ses recoins les plus cachés, un des membres de la Famille est là qui guette, dans l’ombre, le veau, pour le ponctionner, le culpabiliser, lui faire peur, le maintenir en soumission robotisante. Seulement, attention! Le veau peut avoir toutes les libertés autorisées possibles, sauf celle de contrarier la Famille, et si par malheur, il commet ce crime majeur, il lui en cuira. Le moindre petit mot de traviole et voilà l’infâme jeté aux oubliettes, ruiné, atomisé. Il faut savoir que les membres de la Famille ont tous les droits, même celui de cracher leur sperme pourri dans le ventre des femmes les plus dignes. Aujourd’hui, tout le pays appartient à la Famille, absolument tout le pays, même la plus misérable bicoque et la terre la plus infertile du péquenot le plus isolé du coin le plus perdu du territoire appartient à la Famille. Cela faisait si longtemps que ses membres rêvaient d’être là où ils sont, qu’ils se délectent, jusqu’au délire, à se venger. Toute cette haine accumulée depuis des lustres, leur remonte à la cervelle et les rend marteau d’amertume et de fiel. Et dire qu’il suffirait que de quelques guerriers trempés dans le plus pur des aciers pour que cette clique infernale se retrouve, illico-presto, toute tremblante et gémissante, aux galères du roi…Ibara

Illustration: peinture sur papier torchon inspirée du film Lucky Luciano de Francesco Rosi intitulée La Famille

Ci-dessous, mon chant nocturne préféré. Mon chien Prince, mort aujourd’hui, compagnon fidèle pendant 14 ans, ressemblait à un loup blanc. La nuit, il hurlait parfois comme ses frères de race. Aujourd’hui qu’il n’est plus là,  je le pleure toujours. Je l’entends souvent vers deux ou trois heures du matin. Il me redonne courage. Dans le monde des Esprits de la nuit, la révolte gronde…

Raphaëlle, Eliot et Koliane (triple coup de coeur d’Ibara)

Voici une vidéo d’après un court métrage réalisé pour le musée du Louvre par Philippe Lainé et mis en scène par Robyn Orlin intitulé« Babysitting Petit Louis ». Dans l’extrait vidéo ci-dessus Raphaëlle ma fille avec Eliot et Koliane, deux de mes petits enfants…Ibara

Ségolène Royale a encore frappé (dessin d’Ibara)



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