Archive mensuelle de janvier 2012

Le temps maitrisé (texte et peinture d’Ibara)

Le temps maitrisé

(dédié à mon ami Vincent C.)

Elle me cognait quand j’étais gamin et pourtant je l’aimais. Parfois, la nuit elle se carapatait pour rejoindre un type et moi, dans mon pieu, je veillais jusqu’à ce qu’elle rentre. Les yeux grands ouverts je tremblais en frissons d’angoisse glacée. Je nourrissais sans m’en rendre compte mes futures haines. Des images d’une violence inouïe infestaient mes pensées. Déjà j’accumulais comme un collectionneur insomniaque mes malheurs à venir. Des corps calcinés comme des empreintes noires décoraient les murs de ma chambre. Mon frère, lui, dormait paisible, il sirotait ses rêves, tandis que moi je contemplais en terreur maitrisée ces ombres douloureuses qui parfois tentaient de caresser mon front. Ses cris surtout, c’étaient ses cris qui percutaient mes tympans et perforaient mon cerveau comme des lames incandescentes trempées dans des braises de mots stridents. Elle était perdue dans cette ville où les gens parlaient alsacien. Elle était jeune et ça la rendait folle ce déracinement si rapide et cette plongée si brutale dans l’inconnu. J’étais devenu le souffre douleur de son désespoir. La famille éclatée, pulvérisée aux quatre coins d’une terre hostile après un conflit où rien n’avait été résolu. Des morts, des violences, des dérives et des ruptures à répétitions qui entraineront des tentatives désespérées d’espérances avortées. Marqué du sceau d’une mémoire douloureuse, comme un tatouage indélébile sur le corps d’un bagnard, il me faudra des années pour changer la peau de mon âme. Ainsi, en vivant pleinement le présent j’ai pu cicatriser mon passé et métamorphoser l’ordre établi du temps des cruautés. En découvrant le chemin de l’immortalité, mon devenir est devenu l’électron libre de mon futur dissimulé…Ibara

Illustration: détail d’une grande peinture intitulée « Cortex décadent »

Sur un coin de table (dessin d’Ibara)

Tête de cheval dessinée sur un coin de table hier au soir…

Ci après, vidéo réalisée d’après quelques peintures de chevaux…

JO et LYNDA (dessin d’Ibara)

Devoir de mémoire, devoir du désespoir (texte et peinture d’Ibara)

Devoir de mémoire, devoir du désespoir 

Comme j’ai toujours vécu avec intensité l’instant présent, j’ai en contre partie la mémoire qui flanche. Ainsi, en prenant pleinement conscience de mon présent, je créé mon devenir et je dilue mon passé. Celui ci se transforme en particules résiduelles qu’il me suffit de raviver et d’enjoliver pour donner l’illusion que j’ai des souvenirs. Mon passé se métamorphose alors, grâce aux artifices de mon imagination, en un baratin tarabiscoté.

Mais, me direz vous, il y a des témoins, des photos, voire des films qui attestent des événements que j’ai connus. Certes, vous avez raison, mais qui me prouve que l’individu sensé être moi même et qui prétend avoir existé avant aujourd’hui, n’est pas un imposteur fabriqué par le passé pour être hostile à mon bonheur présent?

En vivant pleinement chaque seconde de ma vie, je deviens étranger à ce que j’étais.

La vérité de l’instant est en danger constant face aux boniments du passé.

C’est ainsi que naissent des légendes gonflées d’égrégores terrifiants.

L’Humanité actuelle crève du devoir de mémoire imposé par des dragons dictateurs d’un culte tyrannique et lamentable. Elle est comme une désespérée qui se noie dans les eaux troubles du torrent tumultueux et mensonger de l’Histoire avec, accrochée à son cou, les lourdes pierres de la culpabilité, de la perdition et du désespoir...Ibara

Illustration: détail d’une grande peinture intitulée « cortex décadent »

 

Songe d’une nuit d’été (texte et peinture d’Ibara)

Songe d’une nuit d’été

Nuit d’été à New York. Une chienne a avorté dans une rue de Manhattan. Le nouvel ordre mondial est mort né. Abraham est furieux contre David, pourtant génie des mathématiques. Le processus de « sémitisation » universelle et de circoncision cérébrale des Nations, débuté il y a plus de trois mille ans et qui allait enfin aboutir, a été brusquement et mystérieusement interrompu. David s’est gouré dans ses calculs. Il manque à la kabbalistique formule définitive qu’il a pondu, l’insignifiant indispensable pour renverser l’énergie de vie fondamentale, obtenir le pouvoir divin et enfin recréer le monde à l’image du sanhédrin. Malheureusement l’erreur semble irrattrapable. Wall-Street est déjà en feu, Hollywood explose, Londres s’enflamme, Bruxelles s’effondre, Berlin se déchaîne et Paris crépite sous la mitraille. Depuis l’étrange panne gigantesque d’électricité survenue il y a cinq jours, suivie de l’arrêt spectaculaire de tous les satellites de communication qui gravitent autour du globe, tous les écrans de la planète se sont brusquement éteints et les peuples occidentaux, jusque là culpabilisés, manipulés, pervertis, abrutis de conneries et subissant un lavage de cerveau systématique, se réveillent comme par miracle les uns après les autres. C’est dans un grand souffle d’énergie positivement prodigieux qu’ils reprennent en mains leur destin,  renouent avec leurs vieilles traditions spirituelles qui faisaient leur grandeur et rejettent avec force les religions monothéistes, la laïcité et le libéralisme dévastateur qui faisaient leur malheur et leur désespoir. Une nouvelle Humanité va naître, elle sera enfin débarrassée du fatras d’immondices temporels et d’obscurantisme chronique dans lequel elle était plongée depuis des siècles et qui risquait de l’entraîner dans un abîme dont l’ultime étape était une gigantesque crise financière provoquée à dessein…Ibara 

Entretien en toute simplicité

Après un spectacle de peinture en direct présenté le 3 janvier dernier, j’ai accepté de répondre à quelques questions posées par monsieur Dominique Brochot. Cet entretien s’est déroulé en toute simplicité et sans préparation particulière…Ibara

Triple A dans un verre d’Ô (texte et dessin d’Ibara)

Triple A dans un verre d’Ô

«Nous portons en nous le centrum naturae, le coeur de la nature: nous sommes libres de faire un ange de ce que nous sommes, et nous le devenons, et nous sommes libres de faire un démon de nous-mêmes, et nous le sommes pareillement; nous opérons sans cesse et de partout dans la nature, nous cultivons notre champs» (Jacob Böhme) 

Effroi, émoi et gueule de bois. La France a perdu son triple A. Ah! La belle affaire! La belle affaire! Mais la France mon bon ami, il y a belle lurette qu’elle n’est plus qu’une approximation de ce qu’elle fut jadis. Aux raz des pâquerettes la malheureuse, ratatinée par le marteau pilon du politiquement correct et par l’impéritie hyperbolique de ses dirigeants depuis plus de quarante ans. Elle n’est plus que l’ombre pathétique d’elle même. C’est un pays sans carne, désossé, émasculé, dénervé, bouffé aux mites, désagrégé par des termites, pillé par ses élites. Il n’est plus qu’une marque, un made in que dalle, un label, un logo, une partie de slogan, un cache misère pour sectes politiques, portes flingues lamentables au bénéfice de l’étranger et soumis au pouvoir implacable du monstre yankee, de l’arrogant Israël, de la perfide Albion et des charognards de la haute finance. Un pays où, pas une avenue, un boulevard, une rue, une ruelle, une impasse, une bibliothèque, une école, pas même un bistrot, un couloir de métro ou même une remise à vélos, qui n’osent porter le nom de Louis Ferdinand Céline! Ce pays là mon vieux, émasculé depuis si longtemps, ce pays frimeur, grande gueule, mimimathysé, djameldebouzzisé, patricksébastienisé, yannicknoahïsé, ahuri de conneries et honteux de son passé, ce pays là vois tu, est un pays foutu!…Ibara

 

Rencontre (peinture d’Ibara)

Rencontre

Grande peinture réalisée en atelier, en quelques minutes, du portrait d’un cheval rencontré cette après midi lors d’une promenade…Ibara

Le chant du cygne rouge sang (texte et dessin d’Ibara)

Le chant du cygne rouge sang

« Dans d’atroces douleurs, la vie se jette sur les écueils comme une cataracte. Le vide béant agglutine la lymphe en nerfs. Ne reste qu’une boule de sang frémissante qui flotte au-dessus de l’abîme et qui se ramifie en racines, en fibres de sang et de larmes. » (William Black)

Nous vivons les derniers temps du chaos de la nuit ancienne. Au fond de l’étang de feu, Satan réunit en assemblée extraordinaire ses légions d’anges déchus. L’heure est grave pour le prince des ténèbres, le bruit court qu’un nouveau monde avec une génération inconnue a été créé…

- L’esprit français n’est plus. Quand ce n’est pas le coca qui remplace le Dom Pérignon, c’est le couscous casbah de là bas qui détrone la poule au pot. Rabelais, Molière, Stendhal, Cocteau, Guitry, Jeanson et même Francis Blanche, Poiret et Serrault, en remise, ad vitam aeternam, dans l’entrepôt de l’oubli. A présent, en guiliguilis vomitifs, ce sont les Djamel, Gad, Arthur, Mezrahi, Youn, Semoun, Benguigui, Marc et Bernard Henri Levy ou Joey Starr qui sont les chantres de l’intellect français le plus sélect.

- Joly en grimaces binoclées nous a encore pondu une grosse perle verte «Qu’un jour férié soit accordé aux juifs et aux musulmans pour célébrer Kippour et l’Aïd-el-Kebir afin que chaque religion ait un égal traitement dans l’espace public». Chaque religion! Mais très chère vicking candidate vous oubliez le Bouddhisme, l’Hindouisme, le Jaïnisme, le Sikhisme, le Confucianisme, le Taoïsme, le Rastafarisme, le Shintoïsme, le Zoroastrisme, l’Animisme, le Vaudou, le Candomblé et même les adorateurs de l’oignon de feu frère Thomas le Vot qui disait «Si les hommes acceptent de ne plus éjaculer dans le réceptacle de la femme, ils seront réconciliés avec Dieu et gagneront la vie éternelle». Sacrée Eva, vous devriez vous joindre aux comiques cités plus haut. Je suis persuadé qu’ils vous accepteraient dans leur cénacle pourtant si fermé. Vous avez déjà trouvé votre personnage de scène médiatique tout en mimiques renfrognées, sourire carnassier et formules assassines et tout comme Mélenchon, vous avez comme lui le look grognon et antiphatique. Sacrée verte veinarde, vous avez un plus sur le caractériel leader du front bas de gauche, vous avez la chance d’avoir l’accent. Et l’accent chère Eva, c’est tout bénefice! Car, ne l’oubliez jamais, kif kif la conne Birkin, l’accent, c’est le p’tit truc en plus sur les autres qui fait toute la différence.

- Alors que des soldats de la plus grande «Démocratie» du monde, dont la France UMPS est l’alliée servilement criminelle, pissent sur des cadavres talibans, le mou du gland corrézien dévoile son slogan de campagne pestilentielle «Le changement c’est maintenant». L’originalité des mots et la force du propos sont les deux principaux critères pour arnaquer mémère, c’est ce que doivent penser en substance les concepteurs socialistes de cette géniale et inoubliable formule de campagne…Ibara

La pucelle et les glands méchants mous (texte et peinture d’Ibara)

La pucelle et les glands méchants mous 

«L’homme est quelque chose qui doit être dépassé» (Nietzsche)

Pendant près de quarante ans, les pouvoirs successifs ont caressé dans le sens du poil la médiocrité populaire. Le vice aidant, nous assistons aujourd’hui au triomphe de la vulgarité du geste, de la pornographie du verbe et de la perversion des pensées. La lie a supplanté le nec plus ultra. Il fut un temps où la recherche d’une certaine excellence faisait l’homme d’exception.

Jeanne d’Arc est à toutes les sauces électoralistes. A l’ère des nabots pathétiques et des homoncules sans scrupule, la pucelle fait bander les avortons candidats dans leur impuissance à faire jouir leur électorat. Jeanne sortie des décombres de l’Histoire d’une France qui n’existe plus, pour tenter d’éclairer un avenir des plus sombres. Tandis que Le Pen en jupe bleu Marine se fend d’un discours au coeur pur  auto proclamé et relents de murène sémitique, le vulgaire de l’Elysée, aux abois, fait feu de tout bois et tente, dans des gesticulations désespérées, de convaincre encore une fois. Mais la machine semble bien enrayée. Comme sa sainte et mythique héroïne d’un jour, il risque fort de finir au bûcher. De Domrémy au remake de Jarnac où le mou du gland corrézien tente un come-back mitterrandien, les morts donnent le la d’une présidentielle aux odeurs chrysanthèmes et racines pissenlit.

Rejetons ces gnomes démagos et leurs Droits abstraits de l’Homme virtuel qui nous pourrissent la vie et nous entrainent vers une Tyrannie universelle qui assassine les peuples, les pille et les livre à l’oncle Sam et à ses alliés sémites et évoluons plutôt vers la forme peut-être utopique d’un individualisme éclairé, auto-discipliné, fraternel et débarrassé des obscénités spirituelles des religions monothéistes et de leurs monstruosités matérialistes…Ibara

La voix de son maître (dessin d’Ibara)

Ma grande petite grand-mère (texte et dessin d’Ibara)

Ma grande petite grand-mère

La seule vérité de ce monde, c’est la mort. La mort c’est le silence. Etre vivant c’est respirer le silence  en mourant à ce monde. J’aime respirer le silence, Il m’inspire. Les morts-vivants, quant à eux, raffolent du bruit, de l’effervescence, où, comme des cadavres grotesques, il gesticulent tels des vers à cercueils dans une java absurde au désespoir halluciné.

Le mou du bout de gras double Hollande, candidat PS à l’élection du nouveau pitre quinquennal 2012, aurait qualifié le vulgaire de l’Elysée de «sale mec», provoquant l’ire de la méchante et connissismique Morano. Bien que plein de vérité, ces propos reflètent le niveau caniveau des politiques et des candidats en particulier. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de torchons et encore moins de serviettes. Il ne reste plus que des serpillières malodorantes et usées pour servir de cache misère à une société française en déliquescence totale.

Grande d’Espagne, ma grand-mère espagnole était une petite femme au fort caractère. Autoritaire, exigeante, elle détestait l’Église et ses curés, De Gaulle, les fainéants, les plaintifs et les communistes qu’elle considérait comme des traitres et à qui elle reprochait d’avoir été, lors du pacte germano soviétique, les premiers collabos en sabotant les usines d’armement français, entraînant avec l’impéritie du Front Populaire, la dérouillée magistrale de 1940. Peu de gens avaient grâce à ses yeux profondément noirs. Pourtant, malgré les apparences, son coeur était généreux. Mariée à mon grand-père Henri, français de pure souche et petit fils d’une marquise descendante directe des Bourbons, elle parlait un parfait français. Malgré son viscéral athéisme, elle était royaliste, admirait Pétain, Franco et considérait la culture française comme bien au dessus de toutes les autres cultures du monde. Si elle revenait aujourd’hui, je suis certain, qu’effrayée devant l’affligeant tableau hexagonal actuel, elle maudirait Sarkozy, sa clique au pouvoir et toute la classe politique en général et elle  me dirait « Ijo mio, levanta te, tu Patria te espera! » (mon fils lève toi, ta Patrie t’attend!) Ibara



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