Devoir de mémoire, devoir du désespoir (texte et peinture d’Ibara)

Devoir de mémoire, devoir du désespoir 

Comme j’ai toujours vécu avec intensité l’instant présent, j’ai en contre partie la mémoire qui flanche. Ainsi, en prenant pleinement conscience de mon présent, je créé mon devenir et je dilue mon passé. Celui ci se transforme en particules résiduelles qu’il me suffit de raviver et d’enjoliver pour donner l’illusion que j’ai des souvenirs. Mon passé se métamorphose alors, grâce aux artifices de mon imagination, en un baratin tarabiscoté.

Mais, me direz vous, il y a des témoins, des photos, voire des films qui attestent des événements que j’ai connus. Certes, vous avez raison, mais qui me prouve que l’individu sensé être moi même et qui prétend avoir existé avant aujourd’hui, n’est pas un imposteur fabriqué par le passé pour être hostile à mon bonheur présent?

En vivant pleinement chaque seconde de ma vie, je deviens étranger à ce que j’étais.

La vérité de l’instant est en danger constant face aux boniments du passé.

C’est ainsi que naissent des légendes gonflées d’égrégores terrifiants.

L’Humanité actuelle crève du devoir de mémoire imposé par des dragons dictateurs d’un culte tyrannique et lamentable. Elle est comme une désespérée qui se noie dans les eaux troubles du torrent tumultueux et mensonger de l’Histoire avec, accrochée à son cou, les lourdes pierres de la culpabilité, de la perdition et du désespoir...Ibara

Illustration: détail d’une grande peinture intitulée « cortex décadent »

 

26 Réponses à “Devoir de mémoire, devoir du désespoir (texte et peinture d’Ibara)”


  • Je dirais: Joli-ment et véri-table-ment dit (toujours un plaisir).
    J’ai déposé un docu-ment rare sur mon blog à ton attention.
    Il est sans doute connu, mais peut-être pas perçu: Krishnamurti.
    L’explication donnée là, sur l’état de grâce… pourrait te conforter sur le grand chemin.
    Voici quand même le lien:
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=fA60mxf6e2w

  • Ah! Merci à toi Paul,
    c’est fou comme tu es sensible, je te remercie pour le lien.
    J’espère bien un jour avoir la joie de te rencontrer ainsi que d’autres comme l’Abbé, Chris, Vincent, Zig, Antan, Grokon, YO, Danny, Rouge le Renard, Antoine, Anthony, Yog, Victoire, Himalaya, Emilie ou vieux Jade et d’autres aussi…
    Bien amicalement,

  • Bonsoir Ibara,

    Très beau portrait, titre et texte. Pour une (rare) fois où j’apprécie votre texte et son contenu, je me devais de vous le dire.

    Victoire

  • Merci Victoire,
    enfin un texte de moi que vous appréciez, ouf! Me voilà tout heureux et tout revigoré,
    je vous en remercie beaucoup…
    Amicalement,

  • Bonjour Ibara, ce texte est très beau, quelle fluidité! Je prends l’ authenticité avec laquelle vous parlez de vous, je laisse le politique balayé de mes préoccupations.

    En vivant pleinement chaque seconde de ma vie, je deviens étranger à ce que j’étais « .

    Difficile, et pourtant essentiel. Les livres d’Eric Baret m’y ont sensibilisé
    http://www.bhairava.ws/animations/publications/publications.html;
    C’est pour moi le chemin de la vie..ce qui en fait la beauté..

    Merci

  • Il n’est pas évident pour des êtres accrochés au dents de la roue… de prendre conscience de leur possible esprit-libre, celui qui ressent le souffle chaud ou froid, mais quand-même tiède de la vie.
    Libre de ne plus être partisan d’une émotion (chimique) canalisée par les peurs… de couloir de prison démocratique.
    -Une humanité dominée par la pensée au détriment de la vie elle-même.-
    Il n’est pas évident de se décrocher le tube des dépendances… d’être très seul (au début) dans un monde aussi inattentif du rêve dans lequel il est plongé.

    Je sais d’où je viens, je sais ou je suis… mais ne sais pas si je serai autorisé a y retourner, ni si cela est un passage obligé.

    Nocif

    Nocif

  • J’aime beaucoup cette proposition excellente:

    « mais qui me prouve que l’individu sensé être moi même et qui prétend avoir existé avant aujourd’hui, n’est pas un imposteur fabriqué par le passé pour être hostile à mon bonheur présent? »

    Il y a plusieurs étages de conscience, rien à voir avec la structure dialectique… Dialectique qui présente l’inconvénient de transformer « la vie de toute éternité » en labyrinthe temporel et temporisé de souffrances.

    Celui qui crée le monde « est celui qui l’imagine »… quelques malins mal éclairés ont alors choisi de prendre le contrôle de la pensée pour moquer le grand rêveur pendant sa sieste… n’imaginant pas que cela pourrait le faire tousser.

  • Quelques fois dans la nuit… Comme toi, je pense à la toile de ma vie… ma vue erronée, utopique d’exalté ou se mêlent les images des chairs de mes chairs…
    Alors, je me dis quand même, au moins: merci « seigneur » de m’avoir ouvert TES yeux.

  • J’ajoute Ibara, que nous nous sommes déjà rencontré.

  • @Merci Noëlle,
    je ne connais pas Eric Baret, je vais m’y intéresser.
    Je me demande si le chemin de la vie comme on dit ne serait pas plutôt celui de la mort. En effet, l’instant ne s’illumine que lorsque l’on meurt au monde autour de nous…
    Amicalement,
    @Merci Paul,
    tu as les ressentis d’un vrai artiste. Le seigneur comme tu dis, n’est autre que ton vrai moi…
    Quand nous sommes nous rencontrer?
    Amicalement,

  • De l’autre côté de la rive, dans les brumes.

  • Ah! C’est vrai, je m’en souviens…

  • Turner, un peintre qui m’avait aussi fort impressionné.

    http://www.youtube.com/watch?v=Bv4lDJZYfKk&feature=player_embedded#!

  • le présent de notre passé étant parfois trop douloureux ou trop honteux , nous obligent a le falsifié pour mieux le supporté au présent de l’instant de maintenant . en faite le passé est souvent un sacré menteur , systématiquement il forge notre devenir cet un imposteur ! et d’une manière générale la vie est une imposture ! tout comme les religions et la politique ! il est aussi évident que le chemin de la vie est le chemin de la mort et l’on ne sait pas ce qu’il y a derrière la mort ? un sentier de beauté ? ou le néant du repos de sa vie ?

  • @Merci Paul pour le lien concernant Turner.
    Avant lui (16e siècle), le peintre allemand, moins connu, Albrecht Aldorfer, allait beaucoup plus loin que Turner dans l’audace de l’utilisation de la couleur, le dessin, le vertige de la composition, la profondeur et la puissance. Turner, à mon humble avis est un peintre mineur, assez malhabile en dessin et qui camouflait ses faiblesses par des effets de couleurs très commerciaux. Turner comparé à Constable ou William Black et même comparé à tous les peintres préraphaélites anglais, ne tient pas la route. Disons que Turner est un peintre agréable à regarder qui, au delà d’un certain format, ne tient pas la cimaise…Amicalement,
    @Merci Zig pour votre commentaire.
    Au fond, la mort n’est qu’un instant de vie cristallisé dans l’Eternité…
    Amicalement,

  • Cher Ibara,

    Le présent n’existe pas.
    Même le temps d’une yocto-seconde.
    N’existe que le passé et le futur d’où toute forme présent est absent.
    Le présent est tout ou rien, l’unité ou le zéro.
    C’est l’expression du temps qui ne s’écoule plus.
    L’éternité.

    Lamartine l’avait si bien écrit :
    « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours ! »

    Le capital est le passé à marteler, vrai ou pas, pour l’inscrire en boucle mentale mémorielle.
    Le futur, les intérêts espérés qui eux sont vrais.

  • Je viens de tenter de comparer ces peintres (via le net)…
    Je persiste à apprécier l’émotion tumultueuse de Turner, « Ce bruit et la fureur ».
    Les autres cités, sont probablement plus fort sur la technique, la maîtrise… mais Turner me touche par sa manière de représenter son monde chaotique… avec « cet homme » qui insiste malgré tout, s’affrontant aux éléments.
    Il s’agit surtout de l’émotion qu’il arrive à provoquer en moi?.. et cela même si elle est tendancieuse.

  • @Merci Antan,
    Lamartine a tout dit et bien mieux que moi,
    amicalement,
    @Je te comprends Paul,
    l’important c’est le ressenti juste.
    Parfois, je suis trop attaché à la technique et à une forme d’exigence qui atténue mon émotion.Dans l’avenir je tenterai de corriger ce défaut,
    merci,
    amicalement,

  • Nul n’est égal devant la souffrance… nul n’est égal devant l’émotion.
    Je ne m’occupe plus de comparé aux autres, mais, j’essaye de percevoir ce qui m’échappe en eux… sachant qu’il y a un temps pour tous, chaque étage… un moment où l’on pourra enfin s’entendre… cela demande énormément de patiente et d’espoir.
    J’ai constaté dans les tranches de mes vies que mes perceptions, ma conscience, ma profondeur avait évolué et dépendait des amoures que j’avais perdu, voire raté d’avoir été trop absent… capté par les lumières d’asile du luna-parc néo-social qui se manifestait dès mon berceau; ce sentiment persistant de deuil irréparable installé dans le ventre comme un peine a payer … curieuse chose?

    Aux origines, il existe différentes natures humaines, ennemies viscérales depuis la nuit des temps, mais de cela les médiats, les écoles n’osent communiquer, car pour pouvoir les faire se côtoyer quand même, dans les économies artificielles de vampires, les peuples doivent être ou devenir plus encore éloigné de leur essence… devenir si bétail qu’il l’ignoreront et voudrons si tel n’est pas encore le cas l’ignorer.

  • Ah! Paul, les amours, les regrets, les souffrances, ils y a ceux qui souffrent vraiment, certains peuvent s’en sortir à force de volonté et puis d’autres qui sont irrémédiablement perdus. Et puis il y a ceux qui s’y complaisent, qui s’y vautrent. Il y a tant de business autour de ces mots. Se débarrasser de ces monstruosités de l’âme tel devrait être le but de toute personne courageuse, éveillée et qui a soif de liberté…
    Amicalement,
    Ibara

  • Là tu as tout dis… « les condamnés », ceux qui s’imaginent qu’une facture est une punition de D.ieu.

  • Merci à vous Yog pour les liens,
    amicalement,

  • SHOAH SHOAH SHOAH SHOAH SHOAH ETC…

  • @Antan, lis plutôt « le pouvoir du moment présent » !

  • Ah! Chris,
    toujours une joie pour moi de t’accueillir en passages éclairs et venin éclairé en mon modeste blog…
    Amicalement,
    ps: mon cher Chris, au vu de ton enthousiasme et de la richesse de ton vocabulaire lorsque tu t’exprimes à propos du lobby qui n’existe pas, j’ai comme l’intuition que tu as du être rabbin dans une de tes vies antérieures…

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