Illusion (texte-peinture-Ibara)

peinture acrylique sur papier de la série « Les hommes rouges d’Ibara »

Illusion

La nuit, tous les chats sont gris.

Mais le jour, les chats gris sont minoritaires.

C’est comme en démocratie.

La majorité n’est que l’ombre portée d’une minorité qui maintient la vraie majorité dans l’illusion d’une vérité…

Ibara

Et pour quelques neurones de moins (texte-peinture Ibara)

peinture acrylique sur papier de la série intitulée « Les hommes rouges d’Ibara »

Et pour quelques neurones de moins

Devant sa tablette Samsung, connectée à sa page Facebook, elle est désespérée.

Elle vient de se rendre compte que certains de ses amis n’ont pas aimé son dernier selfie.

Du coup, désorientée, elle se pose des questions existentielles.

Qui suis-je?

Où vais-je?

Quand rencontrerais-je le grand amour?

Elle a voulu en avoir le cœur net.

Elle a d’abord sorti son petit cerveau de sa boite crânienne.

Elle a ensuite entrepris d’en comptabiliser les quelques neurones qui lui restaient.

Au bout d’un certain temps elle a fini par s’assoupir.

Son chien passait par là.

Un labrador roux, un peu con sur les bords.

Ni une, ni deux, du cerveau de sa maîtresse, l’animal se délecta…

Ibara

La chambre N°16 (texte et peinture d’Ibara)

peinture acrylique sur papier de la série intitulée « les hommes rouges d’Ibara »

La chambre N°16

Tous les après-midi, été comme hiver, sept jours sur sept, il allait, sur sa mobylette bleue, voir sa femme à l’«Éclaircie», une maison spécialisée pour déficients mentaux.

Elle avait 72 ans.

Il en avait 73.

Depuis trois ans, elle souffrait de la maladie d’Alzheimer.

Réglé comme une partition, il arrivait au parking de l’«Éclaircie» à 15 heures précises, garait sa mobylette bleue et retirait son casque jaune.

A 18 heures précises, il repartait du parking de l’«Éclaircie».

Quand il entrait dans la chambre N°16, c’était l’heure de la sieste.

Il prenait une chaise et s’asseyait devant le lit où était couchée sa femme.

Elle dormait.

Il restait là, silencieux.

Il la contemplait dormir.

Malgré son âge elle ressemblait à une madone.

De longs cheveux gris ruisselaient sur son chemisier blanc.

Elle respirait doucement.

Des autres chambres parvenaient parfois des cris de malades et d’autres bruits qu’il finissait par ne plus entendre, tellement ils lui étaient devenus familiers.

A 16 heures, une aide soignante entrait dans la chambre pour le goûter.

Elle poussait un chariot rempli de petits pots de compote de pomme et de petits paquets de biscuits.

Elle déposait la compote et les biscuits sur la table de chevet.

Elle lui disait bonjour.

Il répondait à son bonjour.

Elle lui souriait.

Il lui souriait.

Puis elle ressortait.

Il réveillait sa femme avec douceur.

Il l’installait le plus confortablement possible.

Il maintenait son buste bien droit grâce à deux gros oreillers qu’il avait placés dans son dos.

Il lui mettait une serviette de table rose autour du cou.

Il lui faisait boire quelques gorgées d’eau minérale.

Il lui donnait ensuite la compote de pomme avec une cuillère à café.

A chaque cuillerée, il essuyait la bouche de son épouse avec la serviette qu’elle avait autour du cou.

Il terminait en lui donnant les biscuits qu’il avait préalablement brisés dans sa main.

Après le goûter, il pliait soigneusement la serviette de table rose et la rangeait dans le tiroir de la table de chevet.

Puis, il allait à la salle de bain chercher un gant de toilette qu’il humectait d’eau fraiche.

Il passait le gant de toilette sur le visage de sa femme.

Il retournait à la salle de bains et déposait le gant de toilette sur le rebord du lavabo.

Il faisait tout cela en lui parlant avec tendresse et gentillesse.

Elle le suivait tout le temps des yeux.

Aucun de ses gestes ne lui échappaient.

Elle le regardait comme si à chaque instant elle venait de faire sa connaissance.

Elle semblait si lointaine et si proche à la fois.

Seule l’étincelle de ses prunelles témoignait de son intemporelle présence.

A 17 heures, il s’asseyait sur le bord du lit et lui lisait des poèmes ou des pages de littérature classique.

Elle fermait les yeux et se laissait bercer par la voix mélodieuse et profonde de son mari.

Systématiquement elle s’assoupissait et finissait par s’endormir.

A 17 heures et 58 minutes, il embrassait sa femme sur le front.

Il fermait avec délicatesse la porte de la chambre derrière lui et retournait au parking de l’«Éclaircie».

A 18 heures précises, il mettait son casque jaune, enfourchait sa mobylette bleue et rentrait chez lui.

Le 8 août 2014 à 15 heures précises, il n’y avait pas de mobylette bleue sur le parking.

Le personnel de l’«Éclaircie» s’en inquiéta fortement.

A partir de 15 heures et 15 minutes, ne le voyant pas arriver, l’infirmière en chef téléphona à plusieurs reprises chez lui.

Personne ne décrocha. 

A 16 heures, quand l’aide soignante entra dans la chambre N°16 pour le goûter, elle constata que la vieille dame aux longs cheveux gris avait disparu…

Ibara

Le passant (peinture d’Ibara)

peinture acrylique sur papier

Au coeur de la nuit

Un homme rouge

passe sans bruit

Infrarouge…

Ibara

Nouveau site Ibara

peinture acrylique sur toile (format: 80cm/40cm)

Je vous invite à visiter mon nouveau site

 www.ibara.weonea.com

ce site, qui sera régulièrement mis à jour, a été conçu par Catherine Labare

Une poire (peinture d’Ibara)

« Une poire » (peinture huile sur toile)

Un soir

Une poire

Sur un comptoir

Rouge et noir…

Ibara

Portrait de Marcel Proust (peinture d’Ibara)

Portrait de Marcel Proust

Marcel Proust

écrivain

1871-1922

La fenêtre de l’atelier est grande ouverte.

Le soleil investit de tous ses feux une grande partie des lieux.

Au loin, j’aperçois quelques nuages, comme des éléphanteaux blancs, à la queue leu-leu, qui courent dans le ciel bleu.

Je suis en train de dessiner et j’écoute en même temps la radio.

Un type parle de Proust.

Et Proust par ci

Et Proust par là.

Marcel, la madeleine, Swann, le temps perdu, Albertine disparue, tante Léonie et tous les autres me font chier!…

Ibara

Le dernier jour (texte et peinture d’Ibara)

« Paysage imaginaire » (peinture acrylique sur toile-format:80cm/1m)

Le dernier jour

Il est cinq heures du matin.

Le café est brûlant.

Je pose le bol fumant sur la table de la cuisine.

J’allume la radio.

Je tombe en plein « Flash spécial ».

Une tache énorme, rouge et inquiétante est apparue sur la lune.

Pas besoin de lunette d’astronome pour constater le phénomène.

La tache rouge peut se voir à l’oeil nu, à ce qu’il parait.

Le journaliste a du mal à parler.

Ses paroles sont saccadées.

Son souffle est haletant.

Il interroge un expert qui ne sait trop quoi répondre.

Curieux, j’ouvre la fenêtre de la cuisine.

Dehors il pleut et il fait noir comme dans un cul.

Impossible d’apercevoir la lune.

Je referme la fenêtre.

En attendant, le café a eu le temps de refroidir un peu.

Je le bois à petites gorgées.

Je m’en délecte.

Il est délicieux.

Brusquement, un terrible grondement.

La terre tremble.

Les murs se fissurent et s’effondrent.

En quelques secondes, je suis recouvert de pierres et de gravas.

Ma poitrine est écrasée.

J’étouffe.

J’ai mal.

Je plonge dans l’obscurité et l’anéantissement de ma conscience.

Je me réveille l’esprit en angoisse et tout en sueur.

Je m’extirpe péniblement de mon lit.

Je descends les escaliers en vertige, tenant à peine sur mes guibolles.

Une fois dans la cuisine, je me prépare un café.

Je bois un grand verre d’au fraiche.

Je respire un grand coup.

Il est cinq heures du matin.

Le café est brûlant.

Je pose le bol fumant sur la table de la cuisine.

J’allume la radio…

Ibara

Le fruit d’une passion (texte et peinture d’Ibara)

« Pomme » peinture acrylique sur toile

Le fruit d’une passion

Guillaume aimait les pommes.

Il les aimait au-delà du raisonnable.

Dix par jour qu’il en mangeait et parfois même plus.

Il en connaissait toutes les variétés.

Il était intarissable sur le sujet.

De la Golden à la Braeburn en passant par la Pink Lady, la Fuji, la Belle de Boskoop, la Granny Smith ou la Reine des reinettes.

Il les avait toutes goutées.

La pomme, c’était la passion de sa vie.

Il prétendait que c’étaient les pommes qui le maintenaient en bonne santé.

Il était même persuadé qu’il vivrait plus de cent ans.

Pour lui, la pomme était un fruit magique, vivant et plein d’énergie cosmique.

Il y a quelques mois, comme tous les jours, Guillaume se rendait à pieds à son travail. Tout en marchant, il croquait à pleines dents une Belchard Chantecler. Son portable sonna. Il répondit alors qu’il avait la bouche pleine. Perturbé et dans sa précipitation à répondre, il avala de travers le trognon de la pomme avec ses pépins. Il hoqueta, s’étouffa, trébucha et s’affaissa lourdement sur le trottoir humide. Après quelques hoquets baveux il trépassa.

Il y a une semaine est apparue sur la tombe de Guillaume, brisant le marbre gris, la branche d’un jeune pommier garnie de bougeons…

Ibara

Le tube de peinture rouge (peinture d’Ibara)

« Le tube de peinture rouge » peinture acrylique hyperréaliste (format: 55cm/46cm)

Peinture hyperréaliste réalisée avec des pinceaux très fins. Exercice difficile et délicat nécessitant une grande concentration. Les yeux sont particulièrement éprouvés. C’est le genre d’exercice que j’aime  effectuer…Ibara

détail

Là-bas (texte et peinture d’Ibara)

peinture huile sur toile de la série « Paysages imaginaires » (format: 55cm/46cm)

Là bas

La terre est jaune

Jaune et blanche

Le ciel est bleu

Bleu et blanc

Parfois il devient rose

Rose et orange

Et la terre devient rouge

Rouge et brune

C’est le soleil couchant

Qui modifie les couleurs

Mais aussi le sang

Le sang bouillonnant

Qui sort presque noir du coeur des hommes…

Ibara

Une amie est partie (texte et peinture d’Ibara)

« Une ombre dans l’escalier » peinture huile sur toile (format:55cm/46cm)

Une amie est partie

Pour toujours une amie est partie

Très chère amie

Que dire?

Rien

Juste le silence

L’apaisant silence

Et le souvenir

Le tendre souvenir

A jamais

Gravé dans ma mémoire…

Ibara

La pastèque (texte et peinture d’Ibara)

« Tranche de pastèque » (peinture huile sur toile-format: 35cm/27cm)

La pastèque

C’est samedi. Victor est allé au marché. Il a acheté une pastèque. Une énorme pastèque. C’est Salim le vendeur de fruits et légumes qui l’a choisie. Salim est un fin connaisseur. Très satisfait, Victor rentre chez lui en serrant fortement contre son flanc mou et gras son unique achat. Arrivé dans son petit, mais très coquet, pavillon de banlieue qu’il partage avec son épouse Gilda depuis plus de quarante ans, Victor pose délicatement le fruit vert et mastoc sur la table de la cuisine et appelle sa femme qui est en train de s’affairer à l’étage.

« Gilda! Peux tu venir une minute s’il te plait? »

C’est en maugréant et avec lourdeur que Gilda, abandonnant son occupation, descend les escaliers. Une fois dans la cuisine, elle demande avec énervement à son mari ce qu’il lui veut.

« Dis moi, ce que tu vois sur la table! »

« Je vois une pastèque »

« Non, tu te trompes, c’est un melon! »

« Mais enfin, c’est une pastèque voyons! Tu me prends pour une andouille ou quoi. Si tu crois que je n’ai que ça à faire! »

« C’est moi que tu prends pour un con. Je te dis que c’est un melon! »

« Ecoute Victor, je ne sais pas ce que tu cherches, mais j’ai comme l’impression que tu ne tournes pas rond »

C’est alors que brusquement Victor se précipite jusqu’au meuble où sont rangés les ustensiles de cuisine. Il ouvre un des tiroirs et en sort un grand couteau. Puis, dans un geste harmonieux et rapide, il tranche en deux parties la pastèque qui éclabousse de son eau sucrée tout son environnement.

Gilda est effarée par le comportement insensé de son mari.

« Alors j’ai raison ou pas? Tu vois bien que c’est un melon! »

« Mon pauvre Victor, c’est une pastèque, une simple pa…..!!!!! »

La malheureuse n’a pas le temps de finir sa phrase que déjà sa tête ensanglantée est allée rejoindre la pastèque éclatée sur la table de la cuisine…

Ibara

portrait de Giagia (peinture huile sur toile d’Ibara)

portrait de Giagia (peinture huile sur toile d’Ibara-format: 41cm/33cm)

Giagia (Hélène de son prénom) est une vénérable dame grecque nettement plus proche de ses cent ans que de ses vingt ans.

Giagia est la mère d’Evangelia.

Evangelia est la mère d’Alexandros et d’Aristotelis.

Lorsque j’ai fait la connaissance de Giagia, j’ai tout de suite été charmé et impressionné par sa personnalité et par son visage où semblent inscrites dans les sinuosités de ses rides toutes les tragédies grecques de l’antiquité à nos jours. Aussi il ne me restait pour lui rendre hommage qu’à réaliser son portrait…Ibara

Tête d’aigle (peinture d’Ibara)

« Tête d’aigle » peinture huile sur toile (format:1m/1m)

C’est un vieil aigle

qui tenta toute sa vie

de voler très haut.

A présent,

épuisé, miro et tout dégarni,

il attend,

serein et espiègle,

la fin de la partie…

Ibara